mœurs des fourmis.
125
et que le sort auquel la nature les destinoit ne lece'doit en rien à celui des reines-abeilles (1).
La nature a donc pourvu de deux manières à laconservation de l’espèce chez les fourmis : en or-donnant qu’une partie des femelles s’éloignassentde leur ville natale, pour former en tous lieux denombreux établissemens, et en permettant que lesouvrières de ces communautés retinssent quelquesfemelles pour assurer la durée de chaque société ;pendant que celle des guêpes et des bourdons,au contraire , dissoutes chaque année, se repro-duisent tous les printems.
C’est ainsi qu’elle a créé des plantes annuellesdont l’espèce ne se conserve que par graines, tan-dis que d’autres subsistent des siècles entiers enrépandant tous les ans des semences qui se mul-tiplient à leur tour. Ne pourroit-on pas étendre
( 1 ) Cet attachement des ouvrières pour les femellessembleroit même s’étendre au-delà de l’existence deces dernières ; car lorsqu’une femelle fécondée périt, cinqou six ouvrières demeurent auprès d’elle , et pendantplusieurs jours la brossent et la lèchent sans interruption,soit qu’elles conservent pour elle un reste d’alfection ,soit qu’elles espèrent la ranimer par leurs soins.