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Recherches sur les moeurs des fourmis indigènes / par P. Huber
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mœurs des fourmis.

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et que le sort auquel la nature les destinoit ne lece'doit en rien à celui des reines-abeilles (1).

La nature a donc pourvu de deux manières à laconservation de lespèce chez les fourmis : en or-donnant quune partie des femelles séloignassentde leur ville natale, pour former en tous lieux denombreux établissemens, et en permettant que lesouvrières de ces communautés retinssent quelquesfemelles pour assurer la durée de chaque société ;pendant que celle des guêpes et des bourdons,au contraire , dissoutes chaque année, se repro-duisent tous les printems.

Cest ainsi quelle a créé des plantes annuellesdont lespèce ne se conserve que par graines, tan-dis que dautres subsistent des siècles entiers enrépandant tous les ans des semences qui se mul-tiplient à leur tour. Ne pourroit-on pas étendre

( 1 ) Cet attachement des ouvrières pour les femellessembleroit même sétendre au-delà de lexistence deces dernières ; car lorsquune femelle fécondée périt, cinqou six ouvrières demeurent auprès delle , et pendantplusieurs jours la brossent et la lèchent sans interruption,soit quelles conservent pour elle un reste dalfection ,soit quelles espèrent la ranimer par leurs soins.