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RÉPOSSE
La cavalerie aborde l’ennemi au galop : c’estce qu’on appelle charger. Elle peut charger dedeux manières, ou en ligne par escadron, outumultuairement en fourrageurs. La premièremanière s’emploie pour rompre l’ennemi, infan-terie ou cavalerie; la seconde manière pour lepoursuivre lorsqu’il est rompu. Ainsi, s’agit-ild’enfoncer des bataillons, de culbuter des es-cadrons , la charge en ligne est bien préférable ;en faisant effort sur tous les points à la fois, oninspire plus de confiance à ses soldats, plus deterreur à l’ennemi, et on se ménage plus dechances de succès. S’agit-il de poursuivre destroupes en désordre, la charge tumultuaire, em-brassant un plus grand champ de course que lapremière, avec plus de rapidité, est beaucoupplus propre à atteindre les fuyards, à faire (lesprisonniers.
Si toutes les espèces de chevaux étaient éga-lement propres à ces deux sortes de charge,peut-être la même cavalerie parviendrait-elle àse bien acquitter alternativement, suivant les cir-constances, et de la charge en ligne et de lacharge tumultuaire ; mais il n’en est pas ainsi :l’expérience prouve que les grands et forts che-vaux , montés par de grands cavaliers, sont ad-mirables en ligne pour enfoncer l’ennemi; la vueseule de ces colosses terrifie leurs adversaires;