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setiers de blé; aujourd’hui que le marc d’argent està 52 francs, l’arpent de futaie se vendrait, au plusbas prix, 2,500 francs, ou 280 setiers de blé !
Ces rapprochements feront apprécier combien lesbois ont gagné sur tous les autres produits, au pointd’exciter la surprise de ceux mêmes qui sentent quel’accroissement de la population et de l’aisance dansles classes moyennes et dans le peuple doit faireencore augmenter le prix de cette denrée, à la fois, depremière nécessité et de luxe, dont les besoins sontcontinuels : aussi, dés qu’elle eut acquis l’importantevaleur que nous venons de signaler (de 1786 à 1790),le domaine et les particuliers furent tentés d’abuserde ce qu’ils possédaient.
L’état doubla ses coupes annuelles lorsqu’il entrouva le prétexte; les grands maîtres des eaux et fo-rêts jardinèrent dans les plus belles futaies du do-maine, afin d’augmenter leurs revenus par les rétri-butions qu’ils en touchaient.
Les princes apanagés et les gens de mainmorteobtinrent, sous différents prétextes, des anticipationsde coupes, ainsi que des quarts de réserve ; les pro-priétaires privés imitèrent ce funeste exemple et cou-pèrent tous les anciens arbres que leurs pères avaientconservés si soigneusement; les futaies sur taillis, lesparcs, les avenues, les arbres épars, rien de ce quiétait bois ne fut épargné.
Malgré cet état de choses de 1748 à 1790, les boissur pied étaient toujours en hausse, et la consom-mation semblait s’accroître à mesure que les res-