CHAPITRE III.
DES PEPINIERES FORESTIÈRES.
Il y a certainement dans nos forêts, surtout danscelles qui sont sur des terrains riches de fonds et lé-gers en même temps, plus de plants que nos besoinsne pourraient en exiger ; mais ce plant, venu sans au-cune culture, est souvent très-mauvais, parce qu’onne peut en connaître l’âge, ni, par conséquent, en ap-précier la qualité : il n’y a quelquefois aucune dif-férence , à la vue , entre un vieux plant de quinzeans et un jeune de trois à quatre ans, particu-lièrement en chêne ; cette essence , à six ans d’âgedans les forêts, a percé la terre jusqu’à trois piedsde profondeur, tandis que la tige n’a que trois àquatre pouces hors de terre. Arrachez ce nain touten jambes, vous n’aurez que la dixième partie deses membres ; alors c’est un plant sans vie, et il vautautant mettre un pieu en terre.
Là est la véritable cause de la difficulté qu’onéprouve à faire réussir les plants en chêne, et ceuxde presque tous les bois durs à racines pivotantesprovenant des forêts.