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de pluie. En outre (et c’est notre conviction), si lebois coupé en jeune lune gagne en qualité et en poidssur celui coupé en décours, c’est que la pluie (l’eau engénéral) est pour les bois durs particulièrement uneseconde sève. Un bouquet, dans un vase rempli d’eau,s’entretient frais pendant plusieurs jours, de mêmeun arbre abattu et garni de son écorce pousse dansl’eau, se garnit même de feuilles, en un mot, se con-serve mieux par un temps pluvieux ; l’humidité luiest surtout favorable à l’issue de son abatage, parcequ’elle le lave, en cela semblable à un animal qu’onvient d’égorger et qu’on cherche à conserver enjetant de l’eau fraîche dessus pour en faire sortir tou-tes les parties sanguines qui pourraient le corrompre.Aussi, pour avoir une charpente de bonne qualitéet qui ne gerce point, on ne doit pas équarrirl’arbre aussitôt qu’il est abattu, on doit le laisser, aucontraire, coudrer auparavant, c’est-à-dire qu’il soitun peu séché et ait dégorgé l’eau séreuse qui attireles vers et hâte sa corruption. Il est facile de concevoirque cette eau putride s’écoule mieux par un tempsfrais que par la chaleur qui la répercute et la ren-ferme dans l’arbre ; c’est là qu’est le danger pour l’in-troduction des vers. Au surplus, le moindre accidentpeut occasionner et favoriser les préjugés qu’il n’estsouvent plus possible de déraciner.
Un cultivateur aura, par exemple, remarqué quedes bois qu’il a fait abattre dans le croissant de lalune ont été plus promptement attaqués de la ver-moulure que ceux qui avaient été abattus en décours,