SLR LES RUISSEAUX.
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mettre constamment à flot et veiller à ce qu’il ne sta-tionne pas ou ne se fasse point d’embàcle.
Ces hommes sont armés de crocs en fer (*)placés àl’extrémité d’un manche en coudrierde7 à12piedsdelong (2 mètres 274 mil. à 3 mètres 898 mil.); leurjour-née se paye depuis 75 c. jusqu’à 3 f. Ce dernier prix estplus spécialement pour les chefs et directeurs du flot,puis pour les ouvriers les plus actifs ou les plus intelli-gents, et particulièrementen faveur de ceuxqui, en hi-ver, saison privilégiée pour le flottage des bois àbûchesperdues, sont toute la journée dans l’eau jusqu’à laceinture à pousser la queue du flot et à ramasser aumilieu des rivières le bois que l’on ne peut atteindredes bords, même avec les crocs de douze pieds; onappelle ces derniers poules d'eau; jusqu’en 1836 onles payait 30 sous et on les nourrissait bien, pain, vin,soupe et viande le soir; depuis cette époque, ils sontréglés en argent ; leur journée sera mieux rétribuée,il est vrai, mais on aura des hommes moins ardents,faisant ce travail extraordinairement pénible avec non-chalance; on sera, plus tard, obligé, nous le pensons,de renouveler souvent ces ouvriers, que des maladieschroniques éloigneront bientôt du travail. C’est donccontre l’intérêt du commerce qu’on leur a suppriméune bonne et fortifiante nourriture, qu’ils ne sedonneront point eux-mêmes, soit par une économiedont ils ne prévoient pas les conséquences,, soitparce qu’ils ne sont pas assez payés pour faire ladépense de cette bonne et fortifiante nourriture, qui
(*} Voir, à la planche des figures d’instruments, un croc, n° 35.