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DU FLOTTAGIi
leur est si nécessaire. Assurément, et nefùt-ce que parun sentiment d’humanité, on sera obligé de revenirsur cette mesure peu raisonnée sous tous les rapports.
Il arrive quelquefois qu’on est forcé de suspendrel’écoulage de la queue d’un flot à cause des embâclesqui, souvent, sont considérables. Le bois , par laforce de l’eau, s’amoncelle en peu de temps à tel point,qu’il faut plusieurs jours pour rendre libre toute larivière et reprendre les travaux de queue.
Une embâcle se forme le plus ordinairement à lafin des courues d’eau, et autant quand les eaux desétangs ou retenues viennent â baisser que par lanégligence des pousseurs sur les points difficiles oùl’eau est dormante ou par trop violente ; l’embâcle seforme aussi lors des fortes eaux, parce que lesbois, arrivant en trop grande quantité, se tassentvivement et obstruent, en un instant, la rivière.
On emploie à ces travaux, presque toujours et fortmal à propos, des enfants ou des vieillards infirmes ;mais c’est quelquefois à dessein de la part des can-tonniers infidèles, qui les payent de 50 à 75 centimesseulement, et qui portent leur journée à \ fr. 50 cent.,comme pour des hommes forts : les enfants,par leurdis-sipation, et les vieillards par leur faiblesse, gagnent àpeine le salaire qui leur est donné,et compromettent, encertaines circonstances, très-gravement les intérêts decelui qui fait flotter. Or on ne peut être trop vigilantpour éviter cet abus etprévenir un arrêt de bois qui nefait que s’accroître quand l’eau arrive avec une puis-sance et une force qu’on peut difficilement maîtriser;