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DU FI.OTTAO r.
qu’on est obligé de triquer tous les bois à bûcheet de réunir chaque marque en piles séparées. Enflotparticulier, au contraire, on met les bois en grandespiles arrêtées en sortant de l’eau ; alors ils n'ont pas letemps de changer de couleur en route ni en tas; aussiest-il toujours plus clair, plus neuf,et conséquemmentplus recherché que celui d’un flot de communauté.
Quand un flot est peu considérable et qu’il y a plusd’ouvriers qu’on n’en a besoin pour le tirer de l’eau,on voit souvent ces malheureux s’arracher les bûchesdes mains et employer tous les moyens possibles pouren former une pile ; quelquefois ils en viennent auxviolences, et alors les plus forts deviennent seulsmaîtres du travail : heureusement que ces circons-tances n’ont lieu que très-rarement; car, dans l’in-térêt de tous les ouvriers comme dans celui de latranquillité publique, l’autorité serait dans la néces-sité de prendre des mesures sévères.
Lors de l’arrivée des petits flots particuliers,chaque compagnie d’ouvriers forme, au devant desports, des arrêts d’attente scc sont des pieux de perchesd’AvalIan qu’ils plantent ou fichent dans la rivièreen arc-boutant traversés par quelques chantiers, pourretenir le bois et le faire arriver aux ateliers de tirage;leur ardeur est telle quelquefois, qu’ils brisent laglace pour aller au-devant du bois et en tirer davan-tage, ayant l’eau jusqu’à la ceinture et même sous lesaisselles. Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’ils res-tent dans cette position une journée entière sans êtreincommodés, parce qu'ils sont continuellement dans