SUR LES RUISSEAUX.
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contre leflottage de la rivière d! Yonne ; leurs préven-tions et craintes sur l’établissement du canal nous sem-blent irréfléchies, d’autant qu’ils assurent sérieuse-ment et avec une conviction profonde que c’est uneopération follement entreprise, et dont les produitsseront si faibles, qu'ils couvriront à peine les dé-penses annuelles de l’administration.
Nous ne partageons pas, toutefois, entièrementleur opinion sur leur dédain pour ce canal; qu’im-porte aujourd’hui que les recettes soient plus oumoins abondantes, on est trop avancé mainte-nant pour s’arrêter ou revenir sur ses pas. Un canalest toujours une bonne chose ; il répand l’abondancedans le pays où il passe , facilite les communications,et, s'il n’est pas d’abord avantageux, il le deviendrapar la suite ; les dépenses sont faites au surplus, ilfaut donc accepter ce qui est ; nous dirons plus, onne doit pas regretter ces dépenses, les vendeurs deterrains et les constructeurs en ont profité. Sous unautre point de vue, c’est une route de plus et pourun pays aussi riche de fonds que le Nivernais elle nesera pas inutile ; or qu’on se rassure donc à cet égard.
Cependant,si nous avions à nous prononcer sur la des-truction du canal du Nivernais, nous n’hésiterions pasun instant à la demander. Pourrait-on, avec le canal lemieux organisé et le plus fourni d’eau, conduire le boisde moule àParis pour 25 à 30 fr. au plus le décastère desmontagnes du Morvan (86 lieues par eau)? où trouver,en outre, des arbres en quantité suffisante pour con-fectionner annuellement cinq mille bateaux qu’il fan-