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DU FLOTTAGE
dans un grand désordre, parce que les chefs ne con-naissaient qu’un mode de bonne administration, ce-lui de suivre les errements qui existaient avant eux,et, autant que possible, d’égaliser les dépenses et den’en faire qu’à regret, et le moins possible. Mais cesdépenses alors devenaient en certaines occasions,considérables, tout en n’améliorant aucune partie duservice.
Ils ne dépensaient donc l’argent de leurs commet-tants qu’à corps défendant, et cela était bien sansdoute, mais il y avait à côté l’inconvénient et commeexemple qu’une réparation de 6 fr. faite à propos au-rait valu 120 fr. et plus au commerce.
Lorsque notre père arriva au syndicat, il eut beau-coup à faire ; quand il ordonnait une dépense, il vou-lait que le résultat en fût beau et durable, et qu’ilfût digne d’un commerce plein d’avenir. Aussi avec depareilles idées marcha-t-il toujours avec une libertéqui déplut quelquefois aux petits marchands. Soitjalousie, soit ignorance, ils critiquaient sourdementses opérations , mais en agissant largement, sa con-science ne lui reprochant rien, il s’inquiétait peu deleur mécontentement et de leurs reproches qui n’é-taient que des railleries irréfléchies ; néanmoins cene fut pas sans peine qu’il parvint à leur faire com-prendre que les dépenses, en définitive, étaient payéespar les propriétaires ou plutôt par les consomma-teurs.
Nous nous plaisons ici à rendre également hom-mage au zèle et au talent de M. Paul Bourlet, agent