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ni; flottage
des grandes inondations; en un mot, ces rivièresétaient vierges, comme avant le déluge universel.
Dans cette position, comment se persuader queJean Rouvet, tout bourgeois de Paris qu’on le fait,aurait pu, en son propre et privé nom, sans lettrespatentes du roi ou des parlements, nettoyer les ruis-seaux et rivières de l’Yonne et de la Cure de manièreà les rendre navigables? comment admettre mêmequ’il aurait pu faire construire douze à quinze per-tuis, quand, de nos jours, un seul coûterait à re-construire plus de 120,000 fr. ?
Le trésor du roi n’aurait pas suffi, au surplus, pourétablir des étangs ou retenues d’eau, creuser desruisseaux, y faire jouer la mine, construire desvannages et des terrassements pour contenir les ber-ges des terrains mobiles, enfin compléter un maté-riel de flottage immense et sur une étendue de quinzeà vingt-cinq lieues par eau, en partant seulement deMontreuillon sur l’Yonne et d’Avallon , et Saint-Pèresous Yézelay pour la Cure. Ces opérations alors sefaisaient par compagnies avec les autorisations du roiet des parlements ; nous le démontrerons bientôt.
Là n’étaient pas, toutefois, les plus grands obstaclesà vaincre pour Jean Rouvet; c’était, principalement, lepassage du ruisseau ou de la rivière de flottage etdes ouvriers flotteurs à travers les parcs , terres ,prés et bois du plus petit hobereau, et, particulière-ment, des gens de mainmorte qui, sous Henri II ,en 1549, avaient toute puissance; nul doute que cesobstacles, sous un prince, grand brûleur d’héré-