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DU FLOTTAGE
les secousses et oscillations d’une rivière même forte-ment agitée, ainsi qu’aux redoutables chocs qu’iléprouve, notamment dans le passage de quelquespertuis dangereux ou mal construits. Le devant plongetellement qu’il va, dans certains pertuis, jusqu’aufond de l’eau, d’où il rapporte quelquefois des gra-viers et même des pierres. Pendant ce passage mo-mentané, le conducteur est forcé de courir se réfu-gier au milieu du train, et de se placer sur des tas dechantiers de réserve appelés régipeaux; quant aujeune compagnon chargé de la conduite de la queue,il monte sur un échafaud en forme d’échelle construitsur le dernier coupon de la part ou train (*).
Le passage effectué, chacun retourne rapidement àson poste pour ramener au fd de l’eau le train que lebouillon d’eau en a souvent détourné, et c’est par lamanœuvre du boutage qu’ils y parviennent (**)•
Un train est tellement lié dans toutes ses partiespar des rouettes ou harts qu’il n’a rien à redouterdu choc des bateaux, même des piles de ponts, quandil est bien dirigé. Il faut, toutefois, une cause ex-traordinaire produite par l’élément ou par l’impé-ritie des flotteurs, pour le faire rompre ou dé-chirer, dans les pertuis ou dans les arches des ponts;un bateau même par sa masse fera plonger sous l’eau
(*) Une pari est la moitié d’un train ayant également deux têtes pourla manœuvre des conducteurs. Ces deux parts se réunissent au boujl’une de l’autre aux Gords , au-dessus de Chàtel-Censoir (Yonne ).
(**) On appelle bouter piquer une perche d’Avallan au fond de l’eau,ayant son point d’appui sur la nage ou tête de train. (Voir lîg. 36 et 37.).