EN TRAINS OU RADEAUX.
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un train de bois sans le briser,, et le moindre frotte-ment d’un train pourra crever un bateau, c’est ici l’al-légorie du chêne et du roseau. Voilà ce qu’ont produitle temps et l’industrie des ouvriers de l’Yonne , danscette espèce de marine; n’en est-il pas de même surmer, où, chaque jour, de nouveaux perfectionnementsrendent nos vaisseaux plus solides et meilleurs voi-liers,
Un train contient de 18 à 20 décastères au plus,autant à peu près que deux bateaux de la Loire ;cependant, pour qu’il renferme cette dernièrequantité, il faut que l’eau soit abondante et encoreque, pour ne laisser aucun résidu de bois à unmarchand, le flotteur, contre l’usage, composeson train de 19 coupons au lieu de 18, ce qui alieu plutôt sur la Cure et autres rivières que surl’Yonne .
Une construction de train, à l’exception de huitfers qui doivent ganter les perches d’Avallan ou bâ-tons, qu’on délivre aux conducteurs pour les dirigerdans les grandes ou basses eaux, se compose uni-quement de perches et de harts; en un mot, tout estbois dans ce ponton flottant ,et ces diverses marchan-dises, appelées étoffes, arrivées à Paris , sont ensuitevendues en fagots de harts et perches.
Le flottage le plus considérable à bûches perdues,pour la moitié, au moins, de l’approvisionnement deParis , se fait sur l’Yonne , depuis le ruisseau de Belle-Perche (Nièvre ) , lieu de la source de cette rivière,jusqu’à Armes (Nièvre ),' premier entrepôt ou p c '"’