EN TRAINS OU RADEAUX.
325
Autantqu’un navire de 180 tonneaux et en calculant,toutefois, le flottage à 19 fr. le décastère et la valeurdes étoiles de flottage ou débâcles à 80 fr. seulement,toute la dépense serait au plus de 300 fr., quoi qu’ilput arriver; ce qui mettrait les frais de transport,pour une distance de 52 lieues par terre et 71 lieuespar eau, à 33 cent, les 100 kilog.; et, à 40 cent., onpourrait les conduire trois fois plus loin.
A bûches perdues, ce sei-ait encore à plus bas prix ;aucun roulage, sans doute, même par les chemins defer, ne peut être aussi bon marché. De Clamecy par-terre, au cours actuel du roulage, au lieu de 33 cent,par 100 kilog. pour 52 lieues, ce serait de 9 à 10 fr. ;d’Auxerre à Paris , où les transports par les bateauxse font avec une grande concurrence, on paye, auplus bas, par muid de vin, 6 fr., du poids d’environ350 kilog., ce qui porte à 1 fr. 75 c. les 100 kilog. ;c’est loin, toutefois, de 33 c., et c’est au moins cinqfois plus cher que le bois conduit en trains.
Quand on aperçoit un train voguer au gré de l’eau,on ne le croirait pas si utile, et, en outre, on ne peuts’imaginer combien sa construction est simple et so-lide en même temps. En voyant un flotteur placer seschantiers, empiler le bois dans les mises, faire ses li-gatures, il semble qu’il n’y a rien d’ingénieux, rienqu’on ne puisse faire aussi bien que lui et à l’instantmême ; mais il y a cependant une certaine capacitédans ce métier, capacité que les flotteurs ne peuventatteindre qu’avec une pratique de quelques années.
Un train bien flotté contiendra un décastère ou deuxde plus qu’un autre et arrivera à sa destination en aussi