CHAP. VU. ANNÉES 1802 A I 8o/|. 7
était le but évident de la mission qui m’étaitconfiée. Je compris donc que pour donner à laFrance une assiette durable, il fallait réconcilierses institutions intérieures avec les anciennes dy-nasties , puis la rendre assez forte pour qu’on nel'attaquât plus impunément. Il fallait avoir pournous la majorité de l’Europe , afin que la balancepenchât de notre côté. Il n’y avait que deuxmoyens d’avoir cette majorité , celui des allian-ces volontaires, ou celui des soumissions opé-rées par l’ascendant de notre puissance. Dansl’impossibilité d’obtenir le premier, je dus bienadopter le second.
Je donnais tous mes soins à obtenir ces résul-tats, lorsque mes relations avec l’Angleterre sebrouillèrent de nouveau. La paix d’Amiens nesemblait avoir été pour elle qu’un moyen devenir reconnaître mon édifice, afin de mieux l’at-taquer. Jamais elle ne se disposa à exécuter en-tièrement le traité. Au lieu de rendre Malte, lapossession de cette île forteresse fut prônée parses écrivains comme la clef de la Méditerranée ,et l’unique moyen que l’Angleterre eût de résisterdans cette mer à l’alliance de la France et del’Espagne : le cabinet de St.-James résolut doncde la garder.
Au lieu d’évacuer l’Egypte , le général Stuartoccupait encore Alexandrie , et semblait vou-
Nouveauxgriefs queme donnel’Angle-terre.