CHAP. VIII. CAMPAGNE DE l 8 o 5 . 17 3
corps de Marmont et se diriger aussi sur Brunn ;Marmont lui-même eut l’instruction de quitterNeustadt pour se rapprocher de Vienne .
Les forces que j’avais sous la main le 29 n’ex-cédaient pas 5 o mille hommes ; les alliés enavaient 80 mille, il leur importait donc de brus-quer le dénouement et de me pousser assez vive-ment pour me forcer à une bataille. Il est vraique, grâces aux bonnes positions des environs età la place de Brunn, qu’ils m’avaient si généreu-sement abandonnée, je n’aurais pas couru bienloin; cependant il n’en était pas moins de l’intérêtde 1’ ennemi de chercher à m’entamer, ou de meforcer à une affaire : à la guerre, il faut toujoursentreprendre ce que l’on peut faire de plus con-forme aux principes, c’est la fortune qui fait lereste.
Je n’étais pas sans anxiété sur ce que l’ennemientreprendrait; la réputation d’opiniâtreté desRusses me donnait à penser : ils s’étaient battusà Hollabrum comme du temps de Frédéric àZorndorf ; mais l’empereur Alexandre n’ayantjamais fait la guerre, se défiait trop de lui et deses généraux dont la plupart n’avaient combattuque les Turcs ; il n’était qu’auxiliaire des Autri-chiens ; ceux-ci connaissaient mieux leur proprepays, il se reposa sur eux du soin de le guider.C’était tout ce qui pouvait m’arriver de plus heu-
Lenteur desennemis.
Ils jugentmal mesprojets.