2l8 NAPOLÉON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.
Systèmed’états fédé-ratifs.
lions d’habitants qu’on pouvait tenir en bridel’Autriche et la Russie , à moins de les appuyerde toutes les forces de la France , ce qui étaitloin de répondre au but (i).
Quel parti me restait-il donc à prendre ?celui de m’entourer de plusieurs états du secondordre, réunis en fédération, et intéressés par lesbienfaits que je leur prodiguerais à combattrepour la même cause que moi : c’était le moyend’acquérir assez de prépondérance sur le con-tinent pour que l’Autriche et la Russie ne fus-sent plus disposées à courir les chances cléscombats; ce qui me permettrait de tournerpar la suite toute ma puissance contre l’An-
(i) Je dis ici que la Prusse n’était pas une alliée suffi-sante pour assurer l’équilibre du continent : plus loin, jedirai qu’elle était l’alliée la plus nécessaire pour ma lutteavec le Nord, et me rendrait maître de l’Allemagne . Il n’va point de contradiction. La première proposition s’appli-que à une lutte maritime dans la situation de l’Europe eni8o5, c’est-à-dire à une lutte où la France voudrait em- 'ployer tous ses moyens, sans devenir partie principale surle continent. Mais dans une guerre continentale où l’em-pire d’Allemagne serait pour nous, la Prusse, jointe à nosforces, nous rendrait arbitres de l’Europe . Dans la pre-mière supposition, la Prusse serait puissance principale surle continent; dans la seconde, elle ne serait qu’auxiliaire.