3^8 NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
Ce fut un grand bonheur que cette entrepriseait échoué; car le résultat immédiat en eût étéla paix entre la Porte et la Russie , en sorte quel’armée entière de Michelson n’eût pas manquéde refluer contre nous. Déjà mille hommes enétaient partis pour se porter sur le Bug.
Cependant la perte éprouvée par les Anglais n’avait pas été si forte qu’ils ne pussent avoirenvie de renouveler l’entreprise avec de plusgrands moyens ; et cette crainte seule était ca-pable de faciliter la paix entre la Russie et laTurquie , si la première, embarrassée de noustenir tète, renonçait aux principautés. Pour en-courager Sélim, je résolus de lui offrir tous les se-cours qui étaient en mon pouvoir. Le vice-roid’Italie reçut l’ordre d’envoyer les colonels Haxodu génie et Foy de l’artillerie, officiers distinguéset capables de mettre en peu de temps les Dar-danelles à l’abri d’insulte. Je fis aussi écrire lalettre suivante à Marmont, qui occupait Raguse .
« L’ordre de l’empereur, général, est que vous«fassiez sur-le-champ partir tout ce qui vous« reste d’officiers du génie et d’artillerie avec un« corps complet de 6 cents hommes artilleurs,« sapeurs et ouvriers, pour se rendre à Constan-ce tinople; vous ferez armer de bons fusils et bien«équiper cette troupe; vous ferez partir avec« ces 6 cents hommes, pour trois mois de solde