CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807. 3 p 3
méritent, il n’est pas moins vrai qu’une pareillediversion m’eût un peu embarrassé, si elle eûtété faite à temps opportun. On a reproché avecraison aux Anglais de s’y être pris trop tard ; s’ilest vrai qu’il leur fallut du temps pour une expé-pédition lointaine, et s’ils ne purent combinercelle-là qu’après mon passage de la Vistule , rienne s’opposait du moins à ce qu’ils parussent à lafin d’avril dans la Baltique . Déjà une forte légionhanovrienne, organisée récemment, avait étémise à Stalsund à la disposition du roi de Suède ;les Prussiens y rassemblaient un corps dont lenoyau était de 4 à 5 mille hommes; mais ons’en tint à ces démarches insuffisantes.
D’ailleurs, persuadé que l’Angleterre ne man-querait pas de troubler, de tout son pouvoir,notre sécurité dans ces contrées soumises silong-temps à son influence, j’avais rassemblé,comme je l’ai déjà dit, un corps d’observationsur l’Elbe . Deux divisions françaises venuesd’Italie sous Boudet et Molitor, les troupes gallo-bataves avec lesquelles mon frère Louis avaitsoumis Hameln et le Hanovre , enfin le corpsespagnol de La Romana arrivé dans le courantde mars, formant avec quelques autres détache-ments un effectif de 5o mille hommes, me sem-blaient plus que suffisants pour arrêter la pre-mière impulsion d’une descente opérée par tant