CIIAP. XI. CAMPAGNE DE I 808. Zj6 1
Cependant le traité de Tilsit changeait natu-rellement toute la politique du cabinet de Lon-dres relativement à la Russie et à la Porte ; il sehâta d’ordonner l’évacuation d’Alexandrie et dechercher à rétablir ses rapports avec la Turquie .Lord Paget s’efforça de se faire admetttre àConstantinople ; mais Sébastiani parvint à le fairerepousser. D’un autre côté , les Turcs avaientaccepté ma médiation; il fallait prendre un parti.Les bonnes dispositions du divan calmèrent unpeu mon ressentiment contre les persécuteursde Sélim. Sébastiani à qui j’avais demandé sonopinion sur un projet de partage , le combattaitpar des motifs spécieux : si je devais y renoncer,il était dès lors de mon intérêt d’être médiateurpour chercher à concilier les intérêts de deuxnations, dont je pouvais tirer un égal avantagecontre mon ennemi irréconciliable, soit pourfermer la mer Noire , soit pour nous ouvrir lesportes de l’Orient. Je sentis que j’avais peut-êtreété trop loin dans mes conversations de Tilsit ;je chargeai Savary, qui se trouvait en missionà Pétersbourg, de s’expliquer sur le sort futurde la Moldavie et de la Yalachie, et sur leur éva-cuation demandée avec instance par les Turcs,comme condition préalable à aucune négociation.
L’empereur Alexandre lui opposa mes pro-messes; le chancelier Romansof lui opposa l’ef-