CHAP. XXil. CAMPAGNE DE l8l5. J 9
cune monarchie élective n’existerait un siècle aumilieu de voisins puissants, jaloux et intéressésà intervenir dans chaque succession au trône,pour exciter la guerre civile ou faire élire un roià leur convenance. Ils oublient que la Pologne a péri uniquement parce quelle était une mo-narchie élective dotée de rois-citoyens ; que laHongrie et la Bohême ont été englouties par lamême raison. On sait ce que l’Empire fédératifet électif a produit de déchirements à l’Allema gne . Les grands-ducs de Moscou et les archiducsd’Autriche , possesseurs héréditaires de faiblesprovinces, ont au contraire fondé les deux pluspuissantes monarchies de nos jours, aux dépensdes républiques et des monarchies électives dontils étaient entourés. Si la France , fatiguée dudespotisme de Louis XI (qui lui procura cepen-dant tant de force), eût imaginé d’en chercherle remède dans un gouvernement électif, il y alongtemps quelle serait effacée de la carte d’Eu rope comme puissance politique. Le plus granddes services que Napoléon lui ait rendus, estbien certainement celui d’avoir aboli son gou-vernement électif pour la ramener à de plussages institutions.
Ce fut après avoir reconnu ces incontestablesvérités, que tous les législateurs habiles adop-tèrent de siècle en siècle le principe de la légiti-
Observa-tions sur lesdeux systè-mes de l’hé-rédité