CHAP. XXII. CAMPAGNE UE l8l5. a5
plus digne et le plus apte, ou à celui qui y avaitles droits les plus directs. Mais cet acte d’élec-tion, faisant exception au principe fondamentalde l’hérédité, et n’étant justifiable que par d’im-périeuses circonstances, est loin de constituerun droit souverain; il ne saurait être considéréque comme une révolution, et le pacte qui enrésulte, proclamant l’hérédité du trône, devientpar le fait une réparation formelle de la viola-tion du principe, et une abdication positive dece prétendu droit de souveraineté nationale. S’ilen était autrement, une monarchie ne serait plusqu’élective, ainsi que je l’ai déjà dit.
Il résulte de là que dans une monarchie héré-rditaire non absolue, mais limitée par des loisfondamentales, le trône est la propriété légitimede la dynastie, de même que la portion de sou-veraineté qui consiste à prendre part à la con fec-tion des lois, est la propriété imprescriptible dela nation. La nation ne doit donc pas avoir lepouvoir de disposer du trône tant qu’il y a unhéritier direct ou indirect, comme le trône nesaurait dépouiller la nation de sa part de con-cours à la gestion des affaires, concours qu’elleexerce, non-seulement par une chambre élec-tive, mais encore par une chambre de pairsou sénat choisi parmi toutes les notabilités dupays, et qui, pour être à la nomination du