32 VIE POLIT. ET MILIT. DE NAPOLÉON.
elle devait être aussi brève que possible, et necontenir qu’une sorte de déclaration des droits.On peut donc lui reprocher de s’être étendueavec trop de complaisance sur certains détails delégislation, qu’il eût mieux convenu de délibéreret modifier plus tard à l’aide des chambres etavec la sanction de l’expérience ; les attributionsde la chambre élective ne furent pas stipuléesde manière à ce que l’équilibre tant désiré destrois pouvoirs ne fût jamais rompu par cettedernière, et 11e devînt pas un vain mot par sesenvahissements; enfin elle laissa une porte ou-verte à l’anarchie de la presse, en promettant saliberté d’une manière trop absolue. Toutefois, jeme hâte de l’avouer, cette dernière faute futl’ouvrage de la commission législative associée àla discussion de la charte, et non l’ouvrage duroi, qui avait sagement fait stipuler que les loissur cette matière auraient le pouvoir de prévenirles écarts souvent dangereux de la presse jour-nalière, qui, en soufflant de mauvaises passions,serait capable d’ébranler à elle seule l’état leplus fortement constitué.
Enfin le reproche le plus grave qu’on pût luifaire, c’est qu’elle était accompagnée de circons-tances et de restrictions qui faisaient douter desa sincérité, et par conséquent de sa durée.