CH AP. XXir. CAMPAGNE DE l8l5. 6r
effet. Son caractère, quoique trop prôné, étaitempreint d’une sorte de probité et de droiturequi avait survécu aux orages révolutionnaires ;ce caractère, joint aux talents qu’on lui suppo-sait pour la défense du pays, en avait fait unnouveau Caton aux yeux de la multitude; onpensait, et cela était vrai, qu’il ne serait jamaisun agent servile des volontés impériales; maison ne savait pas non plus tout le bien que saroideur et son penchant à l’opposition pouvaientempêcher.
QuantàFouché, son caractère prononcé pourl’intrigue est assez connu pour que je me dis-pense de m’étendre sur son compte. Cet homme,qui avait l’esprit vaste, mais souvent faux, pre-nait la ruse, la rouerie, pour le véritable géniedes affaires : sa grande expérience, en lui dé-montrant le vide des utopies démagogiques ,n’avait pas néanmoins réussi à déraciner sesidées doctrinaires de 1791- H voulait delà forcedans les mesures administratives du gouverne-ment, sans comprendre qu’il en faut, avant tout,dans les institutions.
Napoléon connaissait trop bien Fouché pourse fier à lui ; mais si celui-ci avait quelque res-sentiment de l’honorable exil que l’Empereurlui avait imposé en 1810, il avait aussi à redou-ter les Bourbons, qui voulurent le faire arrêter