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à les entendre, « ce ne serait qu’au prix de flots« de sang, et des plus cruels ravages, qu’on pour-« rait balayer le sol envahi par 5oo mille hommes,« et assurer son indépendance. En se soumettant« aux Bourbons, on pouvait obtenir le même ré-« sultat d’une manière moins romaine à la vérité,« mais plus certaine et moins cruelle pour la« France déjà fatiguée de tant de guerres. »
Ce langage n’était pas héroïque, mais il étaitconcluant, et il devait entraîner tous les espritsfaibles. L’armée et le parti de la révolution étaientnéanmoins disposés à la résistance, sans s’inquié-ter des sacrifices qu’elle exigeait; mais le partivoulait la résistance au profit de la démagogie etnon au profit de l’autorité impériale. Les meneurss’abusèrent au point de croire qu’ils résisteraientà l’Europe avec des décrets, comme en j jg3. La-fayette surtout était d’une bonhomie désespé-rante; il se flattait que l’Europe ne faisait la guerrequ’à l’ambition d’un homme, et que les armesdes souverains allaient tomber devant ses doc-trines gallo-américaines : il ne voyait pas que letemps des Mack et des Cobourg était loin denous, et que c’était précisément à ses doctrinesque les souverains en voulaient.
Les grands désastres, comme les volcans, s’an-noncent par un bruit sourd qui en précède l’ex-plosion. Dès le 20 juin, Paris était agité par ies