aSa VIE POLIT. ET MILIT. DE NAPOLÉON.
« clame de Votre Altesse Royale, comme du plus«puissant, du plus constant, du plus généreux« de mes adversaires. »
Cette lettre, remarquable par la simplicité deson style et par la juste comparaison établie en-tre la position de Napoléon et celle de l’illustreAthénien, ne put désarmer la haine de ses en-nemis. Son mécompte fut bien cruel. On a penséqu’il eût été traité tout différemment, s’il se fûtprésenté franchement au quartier général del’empereur Alexandre , en remettant son sort à lamagnanimité de ses sentiments. Si ce monarqueeût jugé nécessaire au repos de l’Europe de con-finer son redoutable antagoniste dans un de sespalais, il l’y eût traité du moins avec les égardsqui lui étaient dus, et non avec la barbarie del’indigne geôlier que l’Angleterre lui donna.
La postérité jugera le traitement qu’on lui afait essuyer. Prisonnier dans un autre hémi-sphère, il ne lui restait qu’à défendre la réputa-tion que l’histoire lui préparait, et que les partisdénaturent encore, selon leurs passions. La mortle surprit au moment où il rédigeait ses com-mentaires, qui sont restés imparfaits, et ce futsans doute un de ses plus grands regrets. Toute-fois il peut reposer en paix; des pygmées nesauraient obscurcir sa gloire : il a cueilli dans lesvictoires de Monienotte, de Castiglione, d’Ar-