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le point où la jonction des deux années devait s’opé-rer. Une route transversale qui lie ces deux chaus-sées va de Namur directement à Bruxelles et dans leHainaut ; elle passe à Sombref, joint la chaussée deBruxelles aux Quatre-Bras, et forme ainsi la based’un triangle dont Charleroi est le sommet.
Au moindre coup d’œil sur la carte, ou voit qu’enoccupant Sombref, on empêchait les Prussiens .venantde Namur de s’unir aux Anglais , comme en occu-pant les Quatre-Bras on empêchait les Anglais venantde Nivelles et de Bruxelles de se joindre aux Prus-siens. Cette double combinaison ne pouvait échapperà l’œil d’aigle de Napoléon; aussi est-il avéré qu’ildonna à Grouchy l’ordre verbal de pousser le j 5 jus-qu’à Sombref, si la chose était possible. Ne doit-onpas en conclure dès lors qu’il dut témoigner aussiau commandant de sa gauche le désir de pousserjusqu’aux Quatre-Bras, puisque ce poste décisif setrouvait plus pi’ès du corps de Reille que Sombrefne l’était des troupes de Grouchy ?
Quant à moi, je crois connaître trop bien le géniede l’Empereur pour douter qu’il ait conçu, dès lei5 juin, le projet de faire occuper les Quatre-Bras,et devant les assertions venues de Sainte-Hélène, jene saurais exprimer la moindre pensée contraire, bienque la déclaration du duc de Dalmatie , citée à lapage 3o de votre brochure, jette quelque incertitudedans mon esprit (i).
Admettant donc l’existence de cet ordre verbal dui5, la question principale serait encore de savoir enquels termes il fut conçu. Prescrivit-on au maréchalde donner tête baissée sur tout ce qu’il trouverait
(1) Le duc de Dalmatie déclara dans cette conversalion quel’ordre d’occuper Quatre-Bras n’avait point été donné le i 5 au soir,mais seulement le 16 après le déjeuner de l’Empereur. Il seraitpossible toutefois qu’un ordre verbal eût été donné le i 5 sansque le major général fût présent, et même sans qu’il en eût euconnaissance.