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du générai Rapp. 5
Aussibien n’était-ce pas de la reconnaissance£ que je cherchais. Je voulais soulager l’infor-
tune; mais je ne voulais pas que les émigresvinssent s’interposer entre nous et le grandhomme que nous avions élevé sur le pavois.
J’avais oublié cette scène désagréable: maisNapoléon n’oubliait pas les choses pénibles quilui échappaient; il avait beau chercher a semontrer sévère, la nature était plus forte, sabonté l'emportait toujours. Il me lit appeler;il me parla de noblesse, d’émigration, et re-venant tout ’a coup a la scène qu’il m’avaitfaite, ,,Vous croyez donc que j’ai de la prédi-lection pour ces gens-la! vous vous trompe*.,,Je m’en sers; mais vous savez pourquoi: car^ ,,enfin suis-je noble moi, mauvais gentilhomme
,,corse ? — Ni moi, ni l’armée, lui répliquai-je, ne,,nous sommes jamais informés de votre origine.,,Vos actions nous suffisent.“ Je rendis comptei de cette conversation a plusieurs de mes amis,
entre autres aux généraux Mouton de Lauriston.
La plupart de ces mêmes nobles préten-dent cependant qu’ils ont cédé a la violence.Rien n’est plus faux. Je n’en connais quedeux qui aient reçu des brevets de chambel-lans sans les avoir demandés. Quelques au-tres ont refusé des offres avantageuses; mais, aces exceptions près, tous sollicitaient, priaient,importunaient. C’était un concert de zèle et$ d’abandon dont on n’a pas d’exemple. Le plus
chétif emploi, les functions les plus humbles,rien ne les rebutait ; on eût dit que c’était ala vie et a la mort. Si jamais quelque maininfidèle se glisse dans les cartons de MM. Tal-leyrand, Montesquiou, Ségur, Duroc, etc., de
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