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Mémoires
CHAPITRE Y.
Napoléon, quoi qu’en disent ses détracteurs,n’était ni avantageux ni tenace dans ses opi-nions. Il provoquait les lumières ; il recherchaitles avis de tous ceux a qui il est permis d’enavoir. L’envie de lui plaire dominait quelque-fois au conseil: quand il s’en apercevait, ilramenait aussitôt la discussion a sa sévériténaturelle. ,,Messieurs disait-il a ses lieutenants,,,ce n’est pas pour être de mon avis, mais pour,,avoir le vôtre, que je vous ai appelés. Expo-,,sez-moi vos vues: je verai si ce que vous pro-,,posez vaut mieux que ce que je pense.“
Pendant que nous étions a Boulogne, ildonna une leçon de cette espèce au ministrede la marine. Il lui avait proposé quelques
3 uestions auxquelles M. Decrès répondit pai-es batteries. ,,Monsieur Decrès , lui écrivit,,Napoléon, je vous prie de m’envoyer dans la,,journée de demain un mémoire sur cette,,question: Dans la situation des choses , si, J’admirai Viileneuve reste à Cadix , que faut-il, faire? Elevez-vous a la hauteur des .circon-stances et de la situation où se trouvent la,,France et l’Angleterre. Ne m’écrivez plus de.,lettres comme celle que vous m’avez écrite;,,cela ne signifie rien. Je n’ai qu’un besoin,,,celui de réussir.