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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

„bien. — Pourquoi vouliez-vous me tuer? —,,Parce que vous faites le malheur de mon pays.„— Vous ai-je fait quelque mal? — Comme a,,tous les Allemands. — Par qui êtes-vous en-,,voyé? qui vous pousse a ce crime? — Per-sonne; c’est l’intime conviction qu’en vous„tuant je rendrai le plus grand service a mon,,pays et à l'Europe , qui m’a mis les armes h la„main. — Est-ce la première fols que vous me„voyez ? — Je vous ai vu a Erfurt lors de l’en-,,trevue. — Nave?.-vous pas eu l’intention de,,me tuer alors? — Non, je croyais que vous ne,,feriez plus la guerre a l’Allemagne ; j’étais un„de vos plus grands admirateurs. — Depuis„quand êtes-vous a Vienne ? —Depuis dix jours.,,--- Pourquoi avez-vous attendu si long-temps,,pour exécuter votre projet? — Je suis venu a,,Schœnbrunn il y a huit jours avec l’intention„de vous tuer ; mais la parade venait de Unir, j’a-,,vais remis l'execution de mon dessein a aujour-d'hui. — Vous êtes fou, vous dis-je, ou vous.,êtes malade.—'Ni l’un ni l’autre. — Qu’on fasse,,venir Corvisart. — Qu’est-ce que Corvisart? —,,C’est un médicin, lui répondis-je. — Je rfen ai,,pas besoin.“ Nous restâmes sans rien dire jus-qu’à l’arrivée du docteur; St... était impassible.Corvisart arriva; Napoléon lui dit de tâter lepoids du jeune homme, il le fit. „N’est-cepas,,,monsieur, que je ne suis point malade? —,,Monsieur se porte bien , répondit le docteur,,en s’adressant â l’empereur. — Je vous l’a-,,vais bien dit, reprit St... avec une sorte de„satisfaction.“

Napoléon, embarrassé de tant d’assurance,recommença ces questions.