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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Rapp.

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CHAPITRE XXIV,

Cet incendie, cette terre qu’avaient tant defois foulée les légions polonaises, au retour deleurs glorieuses expéditions , nous remplirentd’une nouvelle ardeur: l’armée s’abandonnaita la puissance des" souvenirs. INous nous pré-cipitâmes â la suite de l’ennemi; mais la pluietombait par torrents, le froid était devenu sé-vère; c’étaient les boues, les fondrières de Pul-tusk: nous n’avions ni abri ni aliments, Si dumoins les Russes eussent osé nous attendre;mais ils gagnaientle Borysthène, ils se jetaientsur la Dvvina , ils fuyaient , dévastaient: cen’était pas une guerre, c’était une lutte a lacourse, Ils n’avaient plus ni ensemble ni com-munications ; nous avions perdu l’espéranced’une bataille. A force de vitesse, l’armée en-nemie parvint cependant â se rallier ; elle seréfugia dans les ouvrages qu’elle avait élevés âDrissa; mais elle se vit bientôt menacée dansses retranchements et sa retraite: elle n’osa cou-rir cette double chance et s’éloigna. Elle étaitperdue si elle eût tardé quelques heures; tou-tes les dispositions étaient faites pour la pren-dre en flanc et lui intercepter la route : uncoup de main la sauva. Des coi'ps avancés nese gardaient pas avec assez de vigilance ; Witt-genstein les surprit : Napoléon crut que lesRusses marchaient â nous; il arrêta ses colon-nes: ce retard les sauva; ils avaient fait leurmouvement quand nous arrivâmes â Besxenko-