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Mémoires
CHAPITRE XXX.
l/armée russe se retirait sur sa capitale:elle lit encore quelque résistance â Mojaïsk etgagna Moscou . Nous occupâmes cette ville sanscoup térir. Murat y entra a la suite des Cosa-ques, s’entretint avec leurs chefs et donna mêmesa montre a l’un d’eux. Ils lui témoignaientl’admiration que leur causait son courage,l’abaltement qu’entrainent les longues disgrâ-ces, lorsque des coups de fusil se lirént enten-dre : c’était quelques centaines de bourgeoisqui avaient pris les armes. Ils 'firent eux-mêmes cesser ce feu inutile et continuèrentleur retraite.
Napoléon fit son entrée le lendemain. Ils’établit au Kremlin avec une partie de sa gardeet les personnes de sa maison; mais nous étionssi mal, que je fus obligé de prendre un autrelogement. Je m’installai a quelque distancedans une maison qui appartenait a un des mem-bres de la famille Nareschkin. J’étais arrivé aquatre heures du soir. La ville était encore in-tacte: la douane seule était la proie des flam-mes , qui la dévoraient déjà avant qu’aucunFrançais ne partit ; mais la nuit vint, ce fut lesignal de l’incendie; a gauche, adroite, par-tout il éclatait.
Les édifices publics, les temples, les pro-