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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

CHAPITRE XL.

Les souverains avaient réglé les conditionsde l’armistice. Chaque place devait être ravi-taillée tous les cinq jours , et jouir d’une lieuede territoire au-delà de son enceinte; mais leduc de Würtemberg se chargea d’éluder cetengagement. 11 refusait mes états de situa-tion , il contestait sur les limites, Après biendes conférences nous convînmes d’un arrange-ment provisoire et nous renvoyâmes la questiona ceux qui devaient la juger. Ce fut alors denouvelles difficultés: tantôt ils alléguaient ledéfaut de subsistances, tantôt le manque detransports. Les fournitures toujours incom-plètes étaient constemment arriérées, enfinelles furent tout-â-fait suspendues. Le ducAvait besoin d’un prétexte , il le trouva. Ilprétendit que nous avions rompu la trêve, parceque nous avions fait justice de je ne sais quellebande de pillards qui infestaient nos dei'rières.Sa lettre, qui eût pu m’être transmise en deuxheures, fut deux jours h me parvenir. Tantde subterfuges me révoltèrent, .l’allai droitau 1 fait. Je lui répondis que je ne voulais plusde tergiversation, qu’il fallait se battre ouremplir les conditions stipulées. Il répliqua,parla de la cause des peuples et des rois. Celangage était curieux. Je lui témoignai com-bien il m’étonnait dans la bouche d’un princedont le souverain avait été cinq ans notre allie,et dont le frère combattait encore avec nous.Ce dernier exemple le toucha peu. Il me re-