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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

CHAPITRE XLVII.

L’oisiveté engendra bientôt la sédition. D’au-tres armées, d’autres corps, que n’égarait au-cune combinaison politique, avaient foulé auxpieds la discipline militaire. Est-il étrangequ’au milieu de reifervescence générale messoldats se soient un instant oubliés? Cet épi-sode est pénible. Je ne dois ni l’écrire ni letaire. Je puis bien supporter le blâme qu’ontencouru Joubert, Masséna, et tant d’autres gé-néraux que je n’ai pas la prétention d’égaler.Voici en quels termes un anonyme a renducompte de cet acte d’indiscipline. Il n’a pasvoulu tout dire, mais il s’agit de moi: je doisimiter sa réserve. Je souscris du reste au juge-ment qu’il a porté.

,,Les Autrichiens, désespérant de se rendremaîtres de Strasbourg par la force des armes,cherchèrent a se ménager des intelligencesdans cette ville. Ils y réussirent d’autant mieuxqu’ils employèrent avec sagacité les deux mo-yens qui agissent le plus puissamment sur lecœur de l’homme, l’or et la frayeur. Ils sédui-sirent les uns par l’appât des richesses, ils ensubjuguèrent d’autres en leur faisant crain-dre les vengeances du gouvernement. Lors-qu’ils se furent de la sorte assurés de tousceux qu’ils jugèrent susceptibles d’être éga-rés , ils se hâtèrent d’exécuter leurs perfidesdesseins.

,,Bès l’ouverture de la campagne, nos sol-