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Tome premier.
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CHAPITRE TII.

J 97

Lorsque l’armée française entra à Troyes , elleen trouva les habitans consternés. Un morne si-lence régnait dans les rues que traversa l'Empe-reur. Tous les regards semblaient l’accuser descalamités dont la ville était menacée. Les habi-tans craignant une longue défense cachaientleurs ressources, et les magasins se trouvantpresque vides, à peine les soldats reçurent-ilsune ration de pain.

Un tel délaissement fut très-funeste à l’armée,composée en grande partie de soldats de nou-velle levée qui n’avaient pas encore acquis assezde force morale pour résister à la fois à la faimet aux fatigues. Ces jeunes gens se voyanttraités avec tant de dureté par leurs compa-triotes, à si peu de distance de leurs foyers,abandonnèrent les rangs où quelques joursauparavant ils avaient valeureusement com-battu : en moins de huit jours plus de 6 milledisparurent, et ce vide fut à peine rempli parl’entrée en ligne de la division Hatnelinaye. Pourcomble de maux, on apprit la défection du roide Naples, et cette fâcheuse nouvelle auraitplongé tous les esprits dans le plus grand décou-ragement, si elle n’avait eu le même jour pourcorrectif, l’ouverture du congrès de Châtillonauquel vinrent se rattacher quelques espérances.

L’armée gagna Troyes sans obstacle ; maisles troupes étaient à peine en position, que