CHAPITRE XIX.
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portés par la grande armée, et que le généra-lissime lui donna connaissance des projets deNapoléon et de la détermination prise de réu-nir les deux armées pour marcher sur Paris .Tout se trouvait à point pour l’exécution, etle feld-maréchal n'eut qu’à diriger le lendemainles trois corps russes sur Châlons , au lieu deleur faire passer la Marne près d’Epernay .
Pendant que cette jonction de deux puissantesarmées allait s’opérer pour porter le dernier coupà l'Empereur des Français, les ducs de Trévise et de Raguse hâtaient la catastrophe en mar-chant sans s’en douter au-devant d’elles. Déci-dés à se rendre à Vitry , ils avaient à choisir entrela route qui les y conduisait par Vatry, et cellede Fère-Champenoise ; cette question fut vive-ment agitée. Le comte Belliard proposait desuivre la dernière pour plusieurs motifs. D’abordil jugeait qu’on aventurerait l’armée en lui fai-sant traverser une plaine immense avant de s’êtreassuré qu’elle était parfaitement libre. Il obser-vait en second lieu que de Fère-Champenoiseon serait aussi près de Vitry qu’à Vatry, et qued’ailleurs la retraite sur Paris se trouvant assu-rée par une bonne route, on pourrait alors sansrisque pousser la cavalerie jusqu’à la Somme-Soude. Cette opinion était aussi celle du duc deTrevise ; mais son collègue croyant n’avoir àcraindre que pour ses derrières, la combattit