CHAPITRE XXV.
393
qui, dit-on , ne put s’empêcher de donner à leurvaleur malheureuse des paroles de consola-tion.
On a fait monter la perte des Alliés à 4,000hommes tués ou blessés ; mais la prise de 60 bou-ches à feu et de plus de 35o caissons , les dé-dommagea amplement. Une particularité singu-lière, et qui, dans une guerre d’invasion, rap-pelle ces scènes déplorables des troubles civils ,c’est que le chef de bataillon Rapatel, ex-aidede camp du général Moreau , devenu officierd’ordonnance de l’empereur de Russie (Flugelacljutant) fut tué en sommant le carré où unde ses frères combattait comme capitaine d’ar-tillerie.
Plusieurs causes concoururent dans cette fa-tale journée à la perte des Français : outre lemauvais choix de la position où ils furent atta-qués , des militaires prétendent que le duc deRaguse aurait du faire tous ses efforts pour empê-cher l’ennemi de déboucher , en formant der-rière Soudé-Sainte-Croix deux lignes avec desintervalles pour laisser un passage aux troupesrepoussées. Par ce moyen, ils pensent que l’in-fanterie du duc de Trévise eut eu le temps dese placer d’une manière convenable, au lieuqu’en opérant aussitôt sa retraite sur Somme-sous, les deux corps gênèrent réciproquementleur formation. L’on observe encore qu’au lieu