CHAPITRE XXŸII. /jgg
destinée avec deux pièces établies sur la buttedes Deux-Moulins, à battre la colonne et l’ar-tillerie que l’emiemi dirigeait par cette routesur la croupe de la hutte des Gardes. Les déta-cliemens qui, vers midi, étaient descendus deMontmartre dans la plaine , se replièrent surles Batignolles, pressés par les troupes légèresrusses. Le duc de Conegliano leur ordonne de sejeter dans les maisons (1), pour y soutenir avecplus d’efficacité et moins de péril la batterie lé-gère , et protéger au besoin la retraite de labrigade Dautancourt, qu’il fait prévenir de cesdispositions par son fils (2).
Rassuré sur ce point, le Maréchal visita lesautres barrières; son chef d’état-major arri-
( 1 ) Un faux point d’honneur empêcha d’abord une partie desgardes nationaux de s’y loger : « Nous n’avons pas peur, disaient-ils,» et nous ne voulons pas nous cacher. » Le duc de Conegliano ,pressé de donner ses ordi'es ailleurs, laisse sur ce point son Chefd’état-major , qui ne parvient à les persuader qu’en leur demandants’ils croyaient sérieusement que le doyen des Maréchaux leur con-seillât une lâcheté. Ce trait et beaucoup d’autres confirmé!entdans cette journée une observation dont il importe de tenircompte à la guerre , c’est que les troupes inexpérimentées, les plussusceptibles sans doute de terreurs paniques, ne le sont pas moinsdes actes d’un courage inutile, et courent elles-mêmes au-devantdu péril qui les étonne. I
(2) Le colonel Moncey se trouvait alors à Paris pour se guérird’une blessure reçue à Champaubert , et n’avait pu résister au désird’être utile à son père dans cette mémorable journée.
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