Ô'jS CAMPAGNE DE l8l4,
Le départ du Roi de Saint-Ouen fut annoncépar des salves d’une nombreuse artillerie et parle son bruyant de toutes les cloches de la capi-tale. Son cortège, qui se développait depuis labarrière de Saint-Denis jusqu’à la métropole, etde ce point jusqu’au château des Tuileries , mê-lait quelque chose de triomphal au caractère dela cérémonie : en effet , les troupes alliées neparurent nulle part ; la garde nationale bordaitseule la haie; toutes les maisons étaient tapissées,ornées de fleurs, pavoisées de drapeaux à fleursde lis ; les balcons, les croisées les plus élevéesétaient occupés par une population immense.Sur le passage des troupes, les cris de vive laGarde ! se mêlaient aux cris de vive le Roi ! etcelle-ci y répondait en criant vive la Garde na-,tionale / Ces premières émotions préparaient àcelle que produisit l’aspect du Roi et de sa fa-mille. Que de souvenirs ! Ils semblaient tous seconfondre dans la joie commune. Les cris de vivele Roi! vivent les Bourbons /n’étaient plus commeau premier avril, les cris d’un seul parti proféréssur le passage de Souverains étrangers devant unemultitude muette d’étonnement : c’était le cri dupeuple sur le passage du Roi, au milieu de baïon-nettes toutes nationales et qui rappelaient desservices rendus à la Patrie.
Dès le lendemain de son arrivée, le Roi signaune ordonnance portant défense d’obtempérer