( 76 )
sonne dans le formidable bataillon hérisséde piques, que le comte d’Egmont menaitcontre lui , y courir les plus grands dan-gers , et mériter les reproches du ma-réchal de Biron, commandant de la réserve,qui , à la tête de ses bataillons , ne com-battit pas, mais contribua beaucoup à lavictoire, en se présentant à propos danstous les endroits où son secours étaitnécessaire. Ce zélé serviteur ne put s’em-pêcher de lui dire d’un ton vif, quand toutretentissait des cris de la victoire : Sire ,vous avez fait ce que Biron devaitfaire ; et Biron , ce que devait faire leRoi.
Ce Prince , porté au trône de France autant par sa bravoure , sa prodigieuseactivité, et une politique très-adroite, quoi-que voilée par une noble franchise , queparles droits de sa naissance, se contenta,lorsqu’il eut terrassé la Ligue , de formeren régimens plus réguliers que les précé-dens, les différentes troupes qu’il crutdevoir conserver de tout ce que l’on avaitlevé de part et d’autre.