( 210 )
Nous autres qui combattions aux arméesdu Rhin , dont les divisions allaient d’allure,marchant méthodiquement d’une positionà l’autre, abordés ou abordant l’ennemisur un front très-étendu et presque paral-lèle , repoussés ou repoussant avec uneperte souvent moindre de 5 à 600 hommes,et regardant comme de très-grands tro-phées quatre à cinq mille prisonniers ;nous ne pouvions concevoir commentl’armée d’Italie pouvait faire ces énormesniasses de prisonniers de guerre ; parceque, loin du théâtre de ces brillantes opéra-tions, occupés nous-mêmes à combattre,nous n’avions pas le temps d’étudier etd’approfondir le sublime de cette guerrede mouvement que Bonaparte venait d’ycréer.
Notre étonnement s’accrut bien encoredavantage, quand, au milieu de l’hiver,nous entendîmes le fracas des défaitessuccessives des deux armées impérialesque Dalvinzi voulut porter encore au se-cours de Mantoue : ces armées semblaientrenaître de leurs cendres ; l’or des Anglais