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colonnes que Massena détacha sur lui ,il se vit dans la position d’un vieuxsanglier qu’une meute ardente environnedans une fondrière : il regagna avec beau-coup de peine, et par des chemins impra-ticables , le pays des Grisons , et s’estimatrès-heureux d’échapper aux Français , enlaissant son artillerie , ses munitions, sesblessés, un grand nombre de prisonniers ,et tous les chevaux de ses Cosaques.
Ainsi fut renversé ce colosse de répu-tation et de terreur, qui avait jusqu’alorsaccompagné la marche de Suwarow leTartare et de ses Russes décimés.
Cette nation, si préconisée par des écri-vains qui lui promettaient l’empire dumonde, parce que les anciennes invasionsétaient déjà venues du Nord , et qu’ilsprétendent qu’elle est neuve, a les vicesde la barbarie sans en avoir les vertus.
Elle doit s’épuiser plus rapidement quela Suède ; et l’Angleterre , en la soudoyant,non-seulement la dégrade et l’avilit , maiscoupe sourdement les nerfs de sa popu-\