88 CONSIDÉRATIONS
grand intérêt en France . Tous les François quifurent envoyés pour servir avec le généralWashington, revinrent pénétrés d’un enthou-siasme de liberté qui devoit leur rendre difficilede retourner tranquillement à la cour de Ver-sailles , sans rien souhaiter de plus que l’hon-rneur d’y être admis. Il faut donc , dira-t-on,attribuer la révolution à la faute que fit le gou-vernement françois en prenant part à la guerred’Amérique . Il faut attribuer la révolution àtout et à rien : chaque année du siècle y con-duisoit par toutes les routes. Il étoit très-diffi-cile de se refuser aux cris de Paris en faveur del’indépendance des Américains. Déjà le mar-quis de la Fayette, un noble François, amou-reux de la gloire et de la liberté, avoit obtenul’approbation générale en allant se joindre auxAméricains, avant même que le gouvernementfrançois eût pris parti pour eux. La résistanceà la volonté du roi, dans cette circonstance,fut encouragée par les applaudissemens dupublic. Or, quand l’autorité du prince est endéfaveur auprès de l’opinion, le principe dela monarchie, qui place l’honneur dans l’obéis-sance , est attaqué par sa base.
A quoi falloit-il donc se décider ? M. Nec-her fît au roi des. représentations très-fortes