SUR LA. RÉVOLUTION FRANÇOISE. ia3tour à tour, étoit maladroit dans les deux sys-tèmes qu’il essayoit alternativement.
Le maréchal de Ségur avoit commis la grandefaute d’exiger, au dix-huitième siècle, despreuves de noblesse pour être officier. Il falloitavoir été anobli depuis cent années pour ob-tenir l’honneur de défendre la patrie. Cette or-donnance irrita le tiers état, sans que les nobles,qu’elle favorisoit, fussent pour cela plus attachésà l’autorité du roi. Plusieurs officiers parmi lesgentilshommes déclarèrent qu’ils n’obéiroientpoint aux ordres du roi, s’il s’agissoit d’arrê-ter les magistrats ou leurs partisans. Les cas-tes privilégiées commencèrent l’insurrectioncontre l’autorité royale, et le parlement pro-nonça le mot dont devoit dépendre le sort dela France .
Les magistrats demandoient à grands cris auministre les états de recette et de dépense,lorsque l’abbé Sabatier, conseiller au parle-ment, homme très-spirituel, s’écria : Vousdemandez, messieurs , les états de recette etde dépense , et ce sont les états - généraux quilv ous faut. Cette parole , bien que rédigée encalembourg , porta la lumière dans les désirsconfus de chacun : celui qui l’avoit prononcéefut envoyé en prison ; mais, bientôt après , les