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Tome premier.
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*56 CONSIDÉRATIONS

sa parole ? Et de quelle utilité auroit pu lui êtreun ministre dont l’ascendant consistoit dans sapopularité, si le premier acte de ce ministreeût été de conseiller au roi de manquer auxengagemens qu’il avoit pris avec son peuple ?

Cette même aristocratie, qui trouve plussimple de calomnier un homme que de recon-noître la part qu’elle a prise elle-même aumouvement général - t cette aristocratie, dis-je,eût été la première indignée de la perfidie duministre ; il n’auroit pu tirer aucun parti poli-tique de la dégradation à laquelle il auroit con-senti. Quand donc une chose n’est ni morale,ni utile, quelle est l’espèce de fou, ou de pré-tendu sage, qui pourroit la conseiller?

M. Necker, à l’époque où l’opinion publi-que le reporta au ministère , étoit plus effrayéqu’heureux de sa nomination. Il avoit amère-ment regretté sa place, quand il la perditen 1781, parce qu’il se croyoit alors certain defaire beaucoup de bien. Lorsqu’il apprit lamort de M. de Maurepas, il se reprocha commeune faute sa démission donnée six mois aupa-ravant , et j’ai toujours présent à mon sou-venir ses longues promenades à Saint-Ouen ,dans lesquelles il répétoit souvent qu’il se dévo-roit lui - même par ses réflexions et par ses sera-