SUR, LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. io3«voit pris l’habitude pendant de longues annéesd’exil. Qu’importe en Angleterre que tel outel homme soit dans la maison du roi ? Ceuxqui se vouent à cette carrière ne se mêlent d’or-dinaire en rien des affaires publiques, et l’onn’a pas ouï dire que les Fox et les Pitt fussentbien désireux de remplir ainsi leur temps. C’estNapoléon qui pouvoit seul faire entrer dans latête des soldats de la république toutes ces fan-taisies de bourgeois gentilshommes qui les assu-jettissoient nécessairement à la faveur des cours.Qu’auroient dit Dugommier, Hoche, Joubert,Dampierre, et tant d’autres qui ont péri pourl’indépendance de leur pays, si pour récom-pense de leurs victoires on leur eût offert uneplace dans la maison d’un prince, quel qu’il fût?Mais les hommes formés par Bonaparte onttoutes les passions de la l'évolution, et toutesles vanités de l’ancien régime ; pour obtenirle sacrifice de ces petitesses, il n’existoit qu’unmoyen, c’étoit d’y substituer de grands inté-rêts nationaux.
Enfin, l’étiquette des cours dans toute sa ri-gueur ne peut guère_ se rétablir dans un paysqui s’en est déshabitué. Si Bonaparte n’avoitpas mêlé la vie des camps à tout cela, per-sonne ne l’auroit supporté. Henri IV vivoit fa-