126 CONSIDÉRATIONS
qu’il n’eût recours à l’aristocratie militaire , la
plus funeste de toutes pour la liberté.
Les guerres civiles doivent finir par des con-cessions mutuelles, et déjàl’on voyoit les grandsseigneurs se plier à la liberté pour plaire au roi ;la nation devoit gagner du terrain chaque jour ;les limiers de la force, qui sentent où elle est,et se précipitent sur ses traces, ne se ratta-choiént point alors aux royalistes exagérés.L’armée commençoit à prendre un air libéral :c’étoit, il est vrai , parce qu’elle regrettoit sonancienne influence dans l’état; mais enfin laraison profitoit de l’humeur; l’on entendoitdesgénéraux de Bonaparte s’essayer à parler libertéde la presse , liberté individuelle, à prononcerces mots dont ils avoient reçu la consigne,mais qu’ils auroient fini par comprendre àforce de les répéter.
Leshommeslesplusrespectables parmiles mi-litaires soufï’roient des défaites de l’armée , maisils reconnoissoient la nécessité d’arrêter les re-présailles continuelles qui détruiroient à la finla civilisation. Car si les Russes dévoient vengerMoscou à Paris , et les François Paris à Péters-bourg, les promenades sanglantes des soldats àtravers l’Europe anéantiroient les lumières etles jouissances de l’ordre social. D’ailleurs cette