SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 133pas trouvé qui se réjouissoient du bouleverse-ment qui pouvoit rappeler les étrangers, et lesengager à imposer à la France un gouverne-ment absolu.
Trois jours se passèrent dans les espérancesinconsidérées du parti royaliste. Enfin le gmars, on nous dit qu’on ne savoit rien du télé-graphe de Lyon , parce qu’un nuage avoit em-pêché de lire ce qu’il annonçoit : je compris ceque c’étoit que ce nuage. J’allai le soir aux Tui-leries pour faire ma cour au roi ; en le voyant,il me sembla qu’à travers beaucoup de courageil avoit une expression de tristesse, et rien n’é-toit plus touchant que sa noble résignation dansun pareil moment. En sortant, j’aperçus sur lesparois de l’appartement les aigles de Napoléonqu’on n’avoit pas encore ôtées, et elles me pa-roissoient redevenues menaçantes.
Le soir, dans une société, une de ces jeunesdames qui avoient contribué avec tant d’autresà l’esprit de frivolité qu’on vouloit opposer àl’esprit de faction, comme s’ils pouvoient lut-ter l’un contre l’autre ; une de ces jeunes da-mes , dis-je, s’approcha de moi, et se mit àplaisanter sur l’anxiété que je ne pouvois ca-cher : Quoi! me dit-elle, madame, pouvez-vous craindre que les François ne se battent pas