i8a CONSIDÉRATIONS
par les sentimens les plus vrais, et les vertusles plus pures, étaient sous Charles II des fats,quelquefois tristes, mais toujours immoraux.Rochester, Wicherley, Congrève surtout, fontde la vie humaine des tableaux qui semblentla parodie de l’enfer. Là les enfans plaisantentsur la vieillesse de leurs pères ; là les frères ca-dets aspirent à la mort de leur frère aîné. Lemariage y est traité selon les maximes de Beau-marchais : mais il n’y a point de gaieté dans cessaturnales du vice ; les hommes les plus cor-rompus ne peuvent rire à l’aspect d’un monde,dont les méchans eux-mêmes ne sauroient setirer. La mode , qui est encore la foiblesse desAnglois dans les petites choses, se jouoit alorsde ce qu’il y a de plus important dans la vie.Charles II avoit sur sa cour, et sa cour avoit surson peuple , l’influence que le régent a exercéesur la France . Et quand on voit dans les galeriesd’Angleterre les portraits des maîtresses de ceroi, méthodiquement rangés ensemble, on nepeut se persuader, qu’il n’y ait guère plus decent ans qu’une frivolité si dépravée secondoitchez les Anglois le pouvoir le plus absolu. En-fin Jacques II , qui manifestait ouvertement lesopinions que Charles II faisoit avancer par desmines souterraines , régna pendant trois ans