ao6 considérations
répugnance à parler en société, il y a presquetoujours, dans les salles qù les comités se ras-semblent , des places pour les spectateurs, etune estrade d’où les orateurs s’adressent à l’as-semblée.
J’assistois à l’une de ces discussions, dans la-quelle on présentoit avec force les motifs faitspour exciter la générosité des auditeurs. Il s’a-gissoit d’envoyer des secours aux habitans deLeipsick, après la bataille donnée sous leursmurs. Le premier qui parla fut le duc d’York ,le second fils du roi, la première personne duroyaume après le prince régent, un hommetrès-habile, et très-estimé dans la direction deson ministère, mais qui n’a ni l’habitude , ni legoût de se faire entendre en public. Il triomphacependant de sa timidité naturelle, parce qu’ilcroyoit ainsi donner un encouragement utile.Les courtisans des monarchies absolues n’au-roient pas manqué de dire à un fils de roi, d’a-bord , qu’il ne devoit rien faire qui lui coûtâtde la peine ; et, secondement, qu’il auroit tortde se commettre en haranguant le public aumilieu des marchands, ses collègues à la tri-bune. Cette pensée ne vint pas seulement auduc d’York , ni à aucun Anglois, de quelqueopinion qu’il fût. Après le duc d’York , le duc